Musique Spectacles

Chants Sacrés du Moyen-Âge

Concert a capella pour trois voix d’hommes

Carnets de notes d’un moine des croisades, enrichi des mélodies et hymnes recueillis au contact des rites hébraïque,
maronite et orthodoxe.

Ce programme a été conçu tout d’abord par volonté œcuménique. En effet, il rassemble plusieurs courants religieux et tente de leur donner un sens commun. Il prône la tolérance et l’écoute, il rassemble le temps d’un concert.
Le spectacle rassemble 3 chanteurs a capella :
Pierrick Bachelin – haute-contre
Olivier de Narnaud – ténor, haute-contre
Eric Cassimatis – basse
Il se donne dans un lieu avec une acoustique réverbérante, idéalement une église.
Le concert dure environ 1 heure.

Dans le cheminement de notre civilisation, le moyen-âge est une étape d’affirmation identitaire. Faute d’une cohésion nationale encore à bâtir, l’identité est chrétienne, et à ce titre elle s’affranchit des frontières naturelles : on peut dire qu’elle est déjà européenne. C’est aussi une époque d’échanges entre les cultures, au gré des conquêtes ou des cohabitations consenties.  Dans ce contexte, les croisades constitueront un ferment essentiel de notre culture, puisque, initiées sous la bannière de la (re)-conquète, elles se conclueront pour beaucoup par une émigration volontaire vers des cieux plus cléments. Et c’est ainsi que Juifs, Musulmans et Chrétiens partageront les sciences et les arts, car il est toujours des esprits éclairés qui braveront l’intolérance, et dont la curiosité fera le pont entre toutes les sensibilités. Quant à la musique, elle s’adressera au fond au même Dieu, et les chrétiens qui voyagent entre Paris et Jérusalem agrègeront hymnes byzantins, mélismes arabes et mélopées judaïques pour en faire l’ornement de la messe.
Il regroupe des mélodies destinées à accompagner les deux grandes fêtes religieuses que sont Pâques et Noël, ainsi que des hymnes à la Vierge, issus des grands courants messianiques, composés entre les débuts du christianisme et la fin du règne de Saint Louis. Hors de tout prétexte musicologique, il juxtapose les styles et modes orientaux à leur héritage occidental, soulignant ici et là filiations et influences. Si par ailleurs on accepte que les répertoires hébraïque et maronite ont, de par leur mode de transmission oral, préservé une spontanéité conforme à leur origine, ils constituent aujourd’hui un témoignage des inspirations que le grégorien formalisera et fixera pour l’éternité. On ne peut d’ailleurs qu’être frappé de la pérennité de ces musiques, qui ont été continuellement interprétées de leur création à nos jours.

Dix siècles plus tard, laissons-nous donc surprendre par la familiarité de ces hymnes d’origines si diverses, comme si, au fond, ils s’adressaient à l’être le plus authentique qui est en chacun de nous.

Haec Dies, Clausule de XIIème siecle